
Le festin met en scéne deux personnage, Phantom et Fantomette.
Le premier est un personnage cynique, aux grandes paroles et qui est remplie d’amertume. Il décide d’organiser un diner, le festin, pour, non pas se venger mais rabaisser ses convives.Ce qui est sans compter la présence d’une personne bien légére et de nature épicurienne. Dés son entrée, fantomette tourne en dérision le coté sombre de la soirée!
Venez braves gens ma porte vous est grande ouverte! je vous attendais.
Passez seulement, ensemble nous ferons la fête!
Ne cherchez pas votre invitation, je ne voulais pas vous faire l’affront
de choisir entre mille, une seule personne.
Bien sûr je serais votre hôte et je vous serais attentionné.
Ne faites pas de folies, cette soirée sera des plus simples.
Laissez -vous aller et regardez le spectacle.
Peut- être, allez vous trouver ce festin, bien fade? sûrement!
Penserez- vous que l’orchestre joue bien faux? évidemment!
Et ces décors, ne vous paraissent- ils pas trop pauvres?
Oui, et je l’avoue, tel est mon désir, car j’apprécie les choses à leurs justes valeurs.
Et plus, je me délecte de voir vos pauvres figures, de voir ces pauvres âmes qui sont les vôtres,
parées à outrance de tant d’ignominie!
Monsieur, pour cette soirée, porterez -vous un costume teinté de la couleur du mensonge?
et vous, Madame, porterez- vous cette longue robe qui vous va à merveille
dans sa traîne d’hypocrisie?
Ecoutez la musique que joue l’orchestre! Aussi fausse soit -elle, elle me rappelle tellement
l’écho de vos méchancetés. Ces mets qui vous sont offerts, vous paraissent bien amers ?
Mais n’est -ce pas l’arrière goût de vos railleries envers moi?
Et parlons de ces décors, que vous trouvez bien pauvres, pour moi, ce ne sont que le miroir
de vos mesquineries.
Enfin, je tenais à vous remercier tout de même, de m’avoir laissé être votre hôte, celui
qui au début du spectacle en parait le pantin, mais qui devient à la fin
le plus heureux des spectateurs !
Monseigneur, vous me flattez pour votre invitation.
mais n’est ce point vos railleries qui ternissent votre image?
de vos propos acérés, vous me faites outrage!
et si de votre mépris vous voulez m’enferrer
je vous dirais ceci avant de festoyer:
les notes sonnent fausses, c’est juste monseigneur!
l’orchestre ne joue que le requiem de votre coeur…
les décors sont trop pauvres? ils vous ressemblent mon ami!
d’ailleurs, les décors sont ils bien nécessaires, lorsqu’ils ne sont que ceux
que l’on veut bien se faire.
or vous ne faites que répandre le venin, que vos lèvres sans cesse, crachent comme votre festin.
festin empoisonné, si j’en crois vos ecrits…et vos dits et non dits: chacun sa convenance,
offrent à mon regard le miroir d’un chafouin.
je pourrais, monseigneur, vous en dire davantage
mais non…..
je me contenterais, en bonne invitée, de vous porter un présent qui sera agrément à votre festin douceâtre.
car sous ma perruque se logent actuellement, moult petites bêtes qui rempliront vos assiettes……..
celles là mettront, il est vrai, un peu de piquant à vos mots que je trouve un peu fallacieux.
ainsi donc monsieur, je vous cède bien volontiers la place
d’être spectateur de vos propos captieux.
Oh marquise, gardienne des anges de votre coiffe,Quelle joie de vous voir, bien que ce ne soit guère surprenant.je vous laisse à votre guise aux plaisirs de ces mets.Mais sachez que pour moi,votre personne n’a d’égal que le noyau du fruit rouge, bien en chaire que l’on glisse sur le haut du gateau
Pour parfaire sa mise en valeur.
Oh que oui, en vous, je vois bien le noyau de la cerise
que l’on crache à la fin du festin!
bonne soirée à vous et bon appétit.
Et bien monseigneur, me voilà, puisque vous m’invitez à votre festin!Mon présent ne vous sied point? Qu’importe, il me plait!Faites griller les poux, ils n’en seront que bien meilleurs!Mais si vous me chercher chicane, je peux vous servir aussi en bas de ma personne,Quelques menus invertébrés, qui plein de saveurs, viendront mettre vie, à votre repas morbide.
avalez monseigneur, le noyau de cerise!
Il ne vous étouffera pas comme vos propos dédaigneux.
Mais si vous le craaaaachez, n’importe où que ce soit,
il repoussera.
Et la nuit pendant votre sommeil, ce noyau que sera devenu arbre,
viendra comme l’orchestre,
animer vos rêves de ses branches sanguinolentes et puantes….
Maintenant monsieur, je vois bien le décor…..de votre âme!
Diable! mais que votre animalerie est impressionante! vos chevaliers d’un soir, sont bien généreux envers votre petite personne,
Mais, je vous l’avoue, vos péripéties me laissent de marbre.
Maintenant sachez que la nature est une bien belle chose,
Et le noyau qui illustre cette conversation, ne pourra m’atteindre
que si sa vivacité est entretenue!
Mais ce jour, je n’ai pas besoin d’une telle tâche car je suis las de ces foutaises.
Même si je vous ai dit que notre dame nature est parfaite,
je reste persuadé que son travail est bien éprouvant
Car en vous, je vois, l’un de ses moments de faiblesses.
FANTOMETTE -
Tient -donc ! Vous aimez mère-nature monseigneur ? …
Alors rentrez vos crocs de vampire qui salive à la vue de mon festin royal qui se trouve au sommet de mon crâne
Et laissez-moi errer dans votre manoir pour voir de quoi il en retourne …
(Elle passe devant lui d’un air hautain puis s’arrête net)
Mais dites-moi… je songeais…
Vous me parliez de mes amants d’un soir que je mène dans ma couche ?
Sachez, monsieur, que ces gentilshommes ne se laissent point séduire par le zoo qui fourmille, grouillant et frémissant sur ma petite personne
Ils m’accordent leurs faveurs à la hauteur de mes charmes et ne font pas les prudes comme votre bouche amère.
Et par là même je me demande, en déduction logique , si la jalousie n’effleure pas votre âme …
Car c’est bien vous et seulement vous, qui m’invitez à ce festin !
Je ris, monseigneur d’un rire bien moqueur
Ce moment de faiblesse dont vous parlez si bien, c’est votre regard lubrique sur mon corset ouvert
Portez donc votre vue sur vos minables apparats !
Le noir de votre cape vous donne l’air d’un rat …
Humpf !!!
PHANTOM:
Riez vous pour vous moquer ou est ce nerveux?
En tout cas, je trouve votre langage bien court,
A force de vous entendre plaidoyer en la faveur de votre festin.
Mais tout de même, prenez en soin
Il vous tiendra au chaud lorsque vos amants
N’auront plus goût à vos charmes!
pourquoi?
Mais parce que le temps passe et laisse place à l’enchanteur pourrissant.
Ne vous froissez pas de mes paroles,
Je viens simplement de vous rappeler à dame nature.
Mon regard sur votre corset n’est point lubrique,
et mon âme n’est point jalouse de vous voir dans un tel accoutrement.
Car si vous aviez refusé mon invitation
Mon domaine est assez grand, pour que votre absence puisse m’échapper.
maintenant errez si le coeur vous en dit, allez!
Peut être rencontrerez vous un gai-luron digne de votre compagnie!
FANTOMETTE
- Diantre monsieur, il m’en faudrait bien plus pour me froisser !
Mes mots ne sont que le reflet du peuple que vous avez affamé
Regardez au dehors, voyez la vérité. La chaleur de votre âme n’est que médiocrité
Et si mon festin animalier ne vous plait point, les pauvres manants, eux, ne se plaignent ni de l’âge ni de la qualité de mon corps dont ils prennent la richesse
Mais vous ne pouvez comprendre ces propos qui a vos yeux, ne sont que fadaises
Vous parlez avec grandeur et cynisme de vos décors et de votre orchestre
Et ma toilette défraichie heurte vos yeux éteints Evidemment monseigneur, je ne suis point de celles, autours de vous, Qui tombent en pâmoison pour votre charme … Vos atouts me dégoutent et votre suffisance à l’égard de la grandeur de votre palace me glace les sangs Rassurez-vous !
Je sorts de votre champ de vue et retournez donc à vos amours frivoles
Bon courage, monseigneur, pour retrouver vos maîtresses qui ont beaux corps mais médiocres âmes !
Elles vous ressemblent, en fait, ces dames bien de mises
Mais peut-être sous leurs robes capitonnées trouverez vous surpriiiiiiiiiises !
PHANTOM:
Vos mots ne sont que le refletde vos humeurs et de votre appétit inégalable!
Parlez moi de famine et j’en rirais bien!
Car si comme vous le dites, je la provoque
Vous même savez bien en profiter pour attirer vos amants.
mais non, je ne la provoque pas et je n’en verrais pas l’utilité d’ailleurs!
Alors gardez pour vous ces hypothèses de bas étages.
Et libre à vous de portez la toilette que vous désirez,
Car contrairement à ce que vous pensez, je sais complimenter.
Chose que je dois faire sur le champs, puisque je trouve votre tenue
Tres bien assortie à votre langage tant vulgaire!
Vous me faites bien rires dans vos délires,
mais quel dommage de vous voir devenir agressive.
Vous vous attaquer à ma personne, sans que cela ne me touche
Alors vous vous en prenez à ma compagnie personnelle!
La voyez vous quelque part dans mon domaine en ce moment?
Non, j’ai eu la décence de la protéger contre vos semblables.
Mes maitresses comme vous le dites si bien, ont autant de corps que d’esprits.
Qu’elles me ressemblent? je ne sais pas et je vous laisses le libre arbitre d’en juger.
Mais je n’apprivoise personne, seule ma pensée m’appartient!
Maintenant, pour que nous soyons à armes égales dans notre discussion,
je vous répondrais, bien sûr, poliment que mes maitresses ont chacune sous leur robe
une bien belle surprise, que la délicatesse me defend d’en parler et surtout à vous.
FANTOMETTE
Ah ! Monsieur , vous me faites pleurer !
N’avez vous donc compris ce qui me tourmente ?
Depuis longtemps déjà , de vous j’attends
Une phrase agréable .
Mais , non vous me tourmentez sans cesse
Et moi… moi je cherche le chemin
Qui me mènera sur la route de votre coeur
Mais je voudrais éviter les poignards
Que vous brandissez sans cesse …
(elle pleure)
PHANTOM
juste une allée madame, sur le chemin de la vie.
prenez ma main, qu’elle puisse chassez toute émotion désagréable.
séchez vos larmes, afin que je puisses enfin voir
les flots de votre tristesse s’assécher.
bien des choses, que vous voudriez eviter, vous verrez,
mais peu importe vous étes là!
mais quelles sont vos peurs?
le visage de d’hier? il s’est éteint, madame.
le visage de demain? il ne vous connais même pas, lui même.
dans le présent d’aujourd’hui vous vous trouvez,
et la nuit n’est pas encore tombée
alors rassurez vous, le temps du regret n’est pas encore né….
FIN….du festin.